QUESTIONS REPONSES

Pouvez-vous définir brièvement ce qu’est la médiation thérapeutique?
(Question lors de la conférence suivant la sortie du volume « En quête du plus profond objet perdu : le complexe de Narcisse », Librairie Les Alizés, Paris, 15 février 2005.)

Comment la médiation thérapeutique est-elle advenue, quels sont les apports dont elle a pu bénéficier ?
(Question lors de la conférence à propos de la sortie du volume « En quête du plus profond objet perdu : le complexe de Narcisse », Librairie Les Alizés, Paris, 15 février 2005.)

Vous parlez de l’histoire et de la préhistoire de la personne, de quoi s’agit-il?
(Question lors de la conférence à propos de la sortie du volume « En quête du plus profond objet perdu : le complexe de Narcisse », Librairie Les Alizés, Paris, 15 février 2005.)

Pouvez-vous donner un exemple de ce que vous nommez "vieux conditionnements"?
(Question lors de la conférence « charges et charges fantômes", Genève, 4 février 2000.)

Quel rapport entretenez-vous avec la psychanalyse et comment vous situez vous aujourd’hui par rapport à cette discpline et aux mauvais procès qui lui sont faits?
(Question lors de la conférence « transfert et relation de sympathie », Espace L’Harmattan, rue des Écoles, Paris, le 11 mars 2005. )

Éprouvez-vous de la fierté au regard de votre parcours?
(Question lors de la conférence « introduction à la médiation thérapeutique », Université de Cordoba, Argentine, le 3 mars 2000. )

Pouvez-vous définir brièvement ce qu’est la médiation thérapeutique ?

J.A. :
(Rires dans la salle.)
Voilà un gros pavé dans la mare qui provoque les rires!
Demanderait-on à brûle pourpoint un sculpteur « qu’est-ce que la sculpture ?» ou encore à un psychanalyste « qu’est-ce que la psychanalyse ?»
Vous comprendrez que je ne puisse ici répondre sur le mode improvisé.
J’ai eu le souci d’une telle définition concernant la médiation thérapeutique, tout d’abord pour moi-même et puis pour tenter de communiquer sur ce sujet.
J’ai là un texte, court rassurez-vous, que je corrige et précise souvent. Je vais me permettre d’en faire lecture dans l‘état où il se trouve.
(Le conférencier tarde à retrouver ses notes, des rires encore dans la salle)
Il semble que je me retienne quelque peu de répondre à cette question, n’est-ce pas?

Voici :
« La médiation thérapeutique est une discipline spécifique qui s’appuie sur un principe éthique et une thématique précisée. Elle développe une pratique originale qui répond au désir de changement de la personne.

Elle consiste en tout premier lieu à installer entre la médiatrice ou le médiateur et la personne, par le biais de « la déprise », une relation (la relation de sympathie) qui permet de déjouer tout un temps le réflexe transférentiel.
Il convient de remplir des conditions préalables bien définies avant de débuter la mise en route de la médiation proprement dite. Celle-ci consistent dans leurs grandes lignes à s’assurer du désir de changement de la personne et à la considération du temps nécessaire, inaliénable, dont elle disposera pour y parvenir.
La médiation thérapeutique répond au principe dont sa manière découle et qui fonde en même temps son éthique :
« La personne possède en elle-même le savoir de son mieux-être, de ses équilibres, et tout ce qui peut-être fait de l’extérieur n’est que rappel de ce savoir, dans le cadre posé de la relation de sympathie et au seul moment où la personne sollicite clairement une aide extérieure, lorsqu’elle prend le risque d’engager le changement dont la douleur et le symptôme signalent l’urgence et ceci dans le temps qui lui semblera nécessaire pour s’autoriser à y parvenir. »

La médiation thérapeutique tient alors essentiellement à l’écoute du « savoir de la personne » et au « rappel de ce savoir».
Elle permet de répondre selon un mode original :
- au désir de changement de la personne,
- à des problématiques classiques, avec de nouvelles propositions concernant par exemple les états dépressifs, la fatigue chronique, les troubles du sommeil, les traumatismes contemporains, anciens, voire archaïques, …
- à des problématiques peu ou pas envisagées jusque là : comportements narcissiques douloureux, deuils, deuils non accomplis (la problématique de « deuil non accompli » (D.N.A.), semble figurer « le mal contemporain le plus répandu »), charges, charges fantômes, traumatismes de la vie intra utérine et de la naissance, …
Dans la pratique, comme au plan de la réflexion sur la condition humaine, la médiation thérapeutique inaugure concrètement le chapitre de la préhistoire de la personne. »

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Comment la médiation thérapeutique est-elle advenue, quels sont les apports dont elle a pu bénéficier ?

J.A. :
Mon parcours semble à la fois être le fruit d’une errance laissée au hasard et avoir été soigneusement élaboré à mon insu,…
Les apports dont j’ai pu bénéficier…
… les classiques de ma génération, psychanalyse, gestalt therapy, court détour vers Reich, Ferenczi, Balint,…
… longue implication en psychiatrie (Institutions Universitaires de psychiatrie de Genève) et un accompagnement en obstétrique (avec Michel Grand),…
… encore une curiosité ethnologique et des séjours sur le terrain (Afrique, Amérique du Sud, Asie) pour sortir d’une pensée que je ressentais trop systématiquement occidentale,…
… et la lecture de philosophes, dont Jankélévitch, Deleuze, Foucault, Anzieu, Platon aussi et Maître Eckart,…
… et le travail quotidien avec les personnes, imprévisible, questionnant, riche,…
Je dois beaucoup à ceux qui ont cherché, se sont trompés, ont continué à chercher,… je me méfie des discours péremptoire de ceux qui ne doutent pas,…
J’ai récolté, et avec plus ou moins de clairvoyance, j’ai trié,… beaucoup écrit.

Aujourd’hui la question des apports et le souci de situer la médiation thérapeutique dans le champ des sciences humaines ne me taraudent pas. Cette approche consacre l’abandon de nombreux concepts, concepts opérationnels et « stratégies thérapeutiques » reconnues et popularisées à partir de l’hypnose, de l’œuvre de Freud et du comportementalisme.
Je ne peux donc prétendre et ne prétends en aucune façon, inscrire la médiation thérapeutique dans le courant de l’hypnose ni dans la mouvance freudienne ou dans la galaxie aux contours mal définis, dite « néo-freudienne ». Par ailleurs, l’appui constant que cette approche opère sur « le principe » qui la fonde, la situe aux antipodes des méthodes comportementalistes.
Ainsi, la médiation thérapeutique ne se reconnaît aujourd’hui dans aucun des trois grands courants ou dans leurs avatars. Elle peut donc constituer une discipline à part entière qui, pour autant n’est pas advenue ex nihilo.
La pratique de la psychanalyse puis de la gestalt therapy m’a permis de reconnaître ces disciplines de l’intérieur, avant de progressivement m’en dégager.
L’alliance de la psychanalyse et de la gestalt therapy est vite apparue incongrue. L’option freudienne vis à vis du transfert ne pouvait cohabiter avec celle du « ici et maintenant » de la gestalt therapy, cette dernière, pour sa part, ignorante dans son discours, de la réalité du réflexe transférentiel, se ralliait sans y prendre garde, à son insu donc, au courant comportementaliste.
Sous le regard attentif et suivant les conseils de Laura Perls, cofondatrice de la Gestalt therapy, j’ai ponctuellement tenté de « revisiter » la gestalt therapy. Je proposais que cette approche, une fois la déprise effectuée, puisse « présenter au patient les moyens qui pourraient lui permettre d'évoluer d'un état constaté de mal-être vers un changement d'état voulu, au rythme dont il déciderait lui-même, ces moyens consistant pour la plupart à déjouer le fil de la pensée logique." ( "La gestalt thérapie re-visitée". J.A., Privat Editeur, 1979.) Ce questionnement sans réellement aboutir, a « naturellement » rencontré de violentes critiques mais quelques échos d’un autre ordre ont fait état de recherches allant dans le même sens que celles que je menais, la plus significative demeurant celle de Adriana Snacke, psychiatre instruite de la gestalt therapy.

A ses débuts, nantie de son seul « principe » au caractère encore très hypothétique, la médiation thérapeutique (qui ne porte pas encore son nom) rencontre l’obstacle transférentiel, comme ont pu le faire en leur temps l’hypnose, la psychanalyse, les autres approches qui acceptent de le prendre en compte, … et celles qui l’ignorent ou feignent de l’ignorer.
J’ai reconsidéré la problématique transférentielle au point où elle semblait avoir laissée de coté, aux moments où la psychanalyse en a fait, en quelque sorte « son affaire », et que plus après, les autres disciplines ont négligé de la considérer.
Je visais seulement « à alléger » et éclaircir autant que possible la relation médiatrice ou médiateur-personne, par ailleurs désignée sous l’appellation de « relation soignant-soigné ». (Très particulièrement en cette période, les écrits de Bachelard, Jankélévitch, Foucault, Deleuze, Guatari et Bourdieu ont tenu lieu d’inspiration et figuré de nombreux rappels à l’éthique.)
Puis, l’énoncé du transfert selon la médiation thérapeutique est advenu d’une recherche (1978-1999) et de premiers résultats permettant d’envisager la possibilité de lever, ne serait-ce que « tout un temps », l’obstacle transférentiel.
Au cours de la même période, j’ai été confronté et j’ai pu proposer des solutions face à « l’usure » (burning out) et en conséquence, à de nombreuses problématiques dépressives comme à celles engendrées par le deuil non accompli. L’envisagé de ces objectifs particuliers a pour une grande part favorisé la mise en évidence de « la déprise ».
Dès lors, j’ai disposé d’éléments constitutifs. Advint l’élaboration d’une thématique (teoria) à usage interne, surtout destinée à permettre aux médiatrices ou aux médiateurs d’accepter que « le savoir de la personne » puisse agir (favorablement pour la personne) sans que son rationnel ne soit évident (pour la médiatrice ou le médiateur). La thématique a eu et garde pour finalité de rassurer « le savoir intelligent » de la médiatrice ou du médiateur. Son vocabulaire n’encombre d’aucune façon la relation médiatrice ou médiateur-personne à l’exception notable des expressions « savoir intelligent » et « femme ou homme sauvage » (qui correspondent à grands traits à « rationnel » et « instinct » ou de plus loin à « conscient »  et « inconscient » ), …
Dans le même temps, avec une poignée de collègues, j’ai engagé une pratique prudente, qui a conféré sa forme première à la médiation thérapeutique. Cette base demeure et autorise l’approche à évoluer, évolution qui tient moins aux « instruments » dont la médiation thérapeutique peut disposer qu’à la qualité de présence de la médiatrice ou du médiateur, à une lecture précisée du « savoir de la personne » et à une précision accrue dans la retransmission de ce savoir, …

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Vous parlez de l’histoire et la préhistoire de la personne,
de quoi s’agit-il?

J.A.:
Il est tenu pour acquis que « la personne » est une réalité, que l’on distingue une entité bien définie… à partir d’un nom, à partir d’un corps, à partir d’habitudes,…
…suite à des rites d’agrégation dans une société donnée où des « personnes » intègrent d’autres « personnes »,…
…à partir d’actes posés, de pensées, de joies ou de douleurs ressenties,…
Code génétique en témoignant, appartenance à une lignée, histoire de la lignée, poursuite de la lignée… la personne est moment d’une lignée.
La « personne » est « un moment » indissociable de la lignée, lorsque « la personne est présente, c’est la lignée qui est présente",...
Et en même temps, la personne est riche de son histoire et de sa préhistoire.
De quoi s’agit-il?

La préhistoire, …
… le parcours individuel débute en amont de la naissance et la personne s’inscrit (à son tour) en une vaste lignée. A son insu, la personne poursuit et relance le parcours de la lignée qui l’a engendrée : parcours génétique et parcours événementiel.
Le parcours génétique particulier de la lignée, tel que nous pouvons le percevoir aujourd’hui, se manifeste chez la personne à bien des niveaux, dont la constitution physique et psychique, la physiologie, l’immunologie, … Il désigne les points « forts » et les points « faibles » de l’organisme, …
Le parcours événementiel est constitué des histoires individuelles et/ou collectives qui ont concerné les ascendants (sans que cette ascendance ne soit réduite aux seuls géniteurs).
Les différentes « charges » reliées à ces événements s’inscrivent à contretemps chez la personne nouvelle venue, sans que celle-ci ne soit en mesure de les reconnaître en tant que telle et a fortiori de les identifier. Certains effets de ces événements agissent sur elle, comme si elle les avait elle-même vécus. La personne subit « la charge » de ces événements.
Au nombre des charges, transmis d’une génération à l’autre, deuils non accomplis, actes graves qui ont ou qui n’ont pas été tenu secrets, catastrophes, malédictions, … « le poids de l’histoire de la lignée ».

Participent encore de la préhistoire de la personne, les conditions de la conception, la vie intra-utérine (et très particulièrement en cet espace, les relations entretenues avec la mère, avec le contexte et avec le placenta), les prémices de la naissance.
La naissance se situe à « la frontière » de la préhistoire et de l’histoire de la personne.

Quant à l’histoire de la personne,…
… la naissance est le premier événement enregistré par la mémoire vive sans que jamais celle-ci ne puisse en faire état, ne puisse l’évoquer sur un mode direct. Le souvenir de cet événement est cependant patent au second degré. On le verra, il engendre des conditionnements au présent de la personne. (Ainsi, par exemple, « la manière habituelle de se lever le matin » « reproduit » à grands traits le processus de la naissance).
Telle qu’elle peut-être observée de l’extérieur ou racontée par la personne, l’histoire proprement dite, commence après la naissance.
L’histoire enchaîne les événements, … et s’attache particulièrement à désigner des causes anciennes à l’origine des difficultés rencontrées dans la présent.
La tradition dominante dans la culture occidentale, et très particulièrement depuis la fin du XIXème siècle, situe les causes des difficultés dans la petite enfance et renvoie à « l’inconscient » tout ce qui échappe à l’observation logique et causaliste. L’histoire occidentale ignore le plus souvent la préhistoire et tient dans l’ombre certains de ses acteurs - dont, par exemple, le placenta-.
De première importance en d’autres cultures, la notion de « lignée des ancêtres » commence, depuis peu, sous l’impulsion de la génétique, à être considérée en occident.
Si l’épisode de la naissance marque le passage de la préhistoire à l’histoire, il s’agit de l’une à l’autre d’une continuité absolue, même si l’une (l’histoire), semble de lecture évidente, et si l’autre (la préhistoire), ne se manifeste qu’à travers les effets qu’elle continue de produire (sans que l’origine de ces effets ne puisse jamais être véritablement établie).

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Pouvez-vous donner un exemple de ce que vous nommez "vieux conditionnements"?

J.A. :
Je parle plus volontiers de « conditionnements archaïques », datant de l’époque de l’Arche, du moment de la baisse des eaux, de la perte des eaux, donc autour de la naissance,...

Le comportement de la personne tient au premier degré à la marque du parcours de la lignée, puis à celle du « souvenir » du vécu de la conception, de la vie intra-utérine, de la naissance, et de la relation avec le placenta, du vivant de celui-ci comme après sa mort.
Ces « souvenirs » se font jour à travers différents conditionnements
Je me suis très particulièrement intéressé aux conditionnements liés au parcours intra-utérin et à la naissance. Il s’agit de « l’habitude première » et « la quête infinie du paradis perdu ».
« L’habitude première » induit des comportements répétitifs qui s’appuient sur le scénario de la naissance. (La personne a tendance à reproduire ce modèle, à répondre à ce conditionnement, chaque fois, par exemple, qu’elle sera face à une situation originale, comme si, malgré les difficultés rencontrées, l’expérience de ce passage ancien réussi méritait quand-même d’être retenue et reproduite,.. .)
« La quête infinie du paradis perdu » est un conditionnement induisant un repli sur soi, à un « refus de reproduire un passage douloureux », … Ce repli n’engendre hélas, aucune satisfaction,….
L’articulation de ces deux conditionnements, « habitude première et quête infinie du paradis perdu », induit un comportement où la personne refuse un conditionnement et n’a d’autre solution à disposition que de se soumettre à l’autre.
La tendance de la personne la porte à répondre aux événements ou aux sollicitations du monde, selon ces deux conditionnements, qui constituent ensemble une « double contrainte ».

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Quel rapport entretenez-vous avec la psychanalyse et comment vous situez vous aujourd’hui par rapport à cette discpline et aux mauvais procès qui lui sont faits?

J.A. :
Avec les différentes écoles officielles, aucun. Je lis certaines parutions. Je rencontre en privé des psychanalystes, des collègues avec lesquels j’ai fait mes premiers pas, d’autres aussi, plus jeunes et nos échanges demeurent ouverts et enrichissants. Quelques psychanalystes sont également venus me consulter.

Votre question est tout à fait significative. Il n’est de référence possible que par rapport à la psychanalyse, véritable idéologie dominante aujourd’hui contestée et combattue par une autre idéologie, le comportementalisme…
Que la médiation thérapeutique ne ressente pas la nécessité de se référer à la grille de lecture de la psychanalyse ne signifie en aucune manière qu’elle la combatte ou la condamne.
Face aux entendus doctrinaux et aux prises de positions circonstancielles de la psychanalyse comme de toute théorie ou croyance globalisante, les médiatrices et médiateurs se prévalent d’une légitime liberté d’esprit et de jugement.
Je demeure insensible aux fictions universalistes ou aux tentatives hégémoniques, désormais dérisoires, de la psychanalyse… et tout aussi insensible aux propos de ses détracteurs du moment, attachés à lui découvrir des antécédents sulfureux qui la priveraient de toute légitimité.

Qu’est-ce que la psychanalyse?
La psychanalyse consiste en une mise en place et en une mise en situation qui permettent à la personne, « l’analysant », de développer un monologue plus ou moins interrompu, relancé ou interprété, qui l’autorise à « découvrir », à constater ou à se bercer de l’illusion que des éléments enfouis significatifs se révèlent, accèdent à la conscience et répondent alors à des questions, calment quelque peu l’angoisse ou le mal-être et confortent à plus ou moins long terme la personnalité.
Il n’y a donc pas lieu de mettre cette psychanalyse en question…
… pour autant que l’analyste se contente de laisser se dérouler, voire d’encourager ce monologue, ce qui est souvent le cas,…
… pour autant que l’analyste ne prétende pas expliquer, interpréter, ou théoriser sans appel,… il ne le fait pas systématiquement,…
… pour autant encore que l’analyste et les différentes écoles psychanalytiques cessent de considérer que l’intelligence de toute situation n’advient que par le biais de la seule intelligence théorique de la psychanalyse,… des jugements regrettables concernent encore trop souvent les catégories face auxquelles la psychanalyse rencontre ses limites, ainsi la maladie mentale, la sexualité, les addictions, le deuil, ou le narcissisme,…
Il n’y a pas lieu de remettre la psychanalyse en question lorsqu’elle se soumet à la règle éthique commune consistant à reconnaître sans ambages son champ d’application et les limites de ce champ.

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Question : Éprouvez-vous une certaine fierté au regard de votre parcours?

J.A. :
Je ne me suis jamais interrogé en termes de fierté, … J’ai eu certainement beaucoup de chance de rencontrer des personnes ressources remarquables, connues, peu connues ou inconnues,… le hasard, mais pas seulement, j’ai souvent fait en sorte de les rencontrer, parfois de travailler à leur coté, de les lire, d‘apprendre d‘elles, …
Si tout ce que j’ai pu dire ou avancer ou écrire ne recevait aucun écho, je déplorerais sans doute que l’on n’ait pas porté attention à « la déprise », à cette manière que j’ai mise en évidence et qui consiste à déjouer tout un temps le réflexe transférentiel,...

 

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Jean Ambrosi - La médiation thérapeutique